| Pour qui | Qualifying new residents : résidents britanniques après au moins 10 années fiscales sans résidence au Royaume-Uni |
| Durée | Les 4 premières années fiscales de résidence, d’affilée |
| Ce qui est exonéré | Les revenus et gains étrangers pour lesquels vous exercez l’option ; les rapatrier au Royaume-Uni ne coûte rien |
| Ce qui ne l’est pas | Le salaire pour un travail à l’étranger (pour cela, l’Overseas Workday Relief) |
| Le prix | Personal Allowance et abattement de Capital Gains Tax perdus l’année de l’option |
| Comment | Option dans le Self Assessment, pages SA109 plus page spécialisée |
| Depuis | 6 avril 2025, en remplacement de la remittance basis |
| À jour | Novembre 2026 |
Ce qu’est le régime FIG
FIG signifie foreign income and gains, les revenus et gains étrangers. Le régime s’applique depuis le 6 avril 2025 et a remplacé l’ancienne remittance basis, qui permettait aux non-doms de n’être imposés sur leurs revenus étrangers que s’ils les rapatriaient au Royaume-Uni. Comment on en est arrivé là et ce que deviennent les anciens non-doms, c’est dans notre article sur la fin du statut de non-dom.
Le principe tient en deux phrases : si vous arrivez au Royaume-Uni, vous pouvez opter pour l’exonération de vos revenus et gains étrangers, et vous ne payez alors pas d’impôt britannique dessus. Contrairement à l’ancien système, vous n’avez pas à laisser l’argent à l’étranger : HMRC le dit expressément, vous pouvez rapatrier les revenus exonérés sans impôt.
Le hic, c’est le temps. Le régime dure au maximum quatre années fiscales consécutives à compter de l’année où vous devenez résident britannique. Les années non utilisées ne se reportent pas. Ensuite, vous êtes un contribuable britannique ordinaire, imposé sur ses revenus mondiaux.
Qui y a droit : quatre ans après dix ans d’absence
Vous êtes qualifying new resident si vous êtes résident fiscal britannique et dans l’une de vos quatre premières années de résidence, après au moins dix années fiscales consécutives sans résidence au Royaume-Uni. Votre résidence se décide uniquement selon le Statutory Residence Test, que nous détaillons pas à pas dans notre article sur la résidence fiscale au Royaume-Uni. Les membres de la Chambre des communes et de la Chambre des lords sont exclus, ce qui ne devrait pas concerner grand monde parmi nos lecteurs.
Pour un Français qui n’a jamais vécu au Royaume-Uni, la condition des dix ans est en général remplie. Cela se corse pour ceux qui reviennent : si vous avez travaillé à Londres jusqu’en 2019 et revenez en 2026, vous n’avez pas vos dix ans et le régime ne s’applique pas.
Deux subtilités comptent dans le calcul. Une année de split year, c’est-à-dire une année d’arrivée coupée en deux fiscalement, compte comme une année de résidence pleine pour le régime FIG. Et une résidence dans un autre État au sens d’une convention fiscale est ignorée pour ce décompte. Si vous arrivez à l’automne, l’année entamée consomme donc déjà l’une de vos quatre années. Le découpage de l’année d’arrivée est expliqué dans notre article sur le split year.
Si vous êtes arrivé entre l’année fiscale 2022–23 et le 5 avril 2025, vous pouvez utiliser le régime pour les années restantes de vos quatre ans, à partir de 2025–26. Si vous quittez temporairement le Royaume-Uni pendant les quatre ans, les années sans résidence sont perdues, les autres restent utilisables à votre retour.
Exemple : arrivée en septembre 2026
Imaginez que vous vivez depuis des décennies à Lyon, à Bordeaux ou à Lille et que vous vous installez à Bristol le 1er septembre 2026. L’année fiscale britannique court du 6 avril au 5 avril.
| Année fiscale | Année FIG | Ce qui s’applique |
|---|---|---|
| 2026–27 (arrivée, éventuellement split year) | Année 1 | Option possible |
| 2027–28 | Année 2 | Option possible |
| 2028–29 | Année 3 | Option possible |
| 2029–30 | Année 4 | Option possible |
| à partir de 2030–31 | terminé | Revenus mondiaux pleinement imposables au Royaume-Uni |
Présentation St Matthew d’après GOV.UK et le manuel RFIG de HMRC, novembre 2026
Quels revenus restent exonérés, et lesquels non
Peuvent être exonérés les revenus et gains étrangers, par exemple les intérêts d’un compte en France, les dividendes de sociétés non résidentes au Royaume-Uni, les bénéfices d’une activité exercée entièrement hors du Royaume-Uni, les loyers d’un bien loué à l’étranger, les pensions étrangères et les plus-values de cession d’actifs étrangers.
Point clé pour les investisseurs : les offshore income gains en font aussi partie. Ce sont les gains des fonds qui n’ont pas le statut de reporting fund au Royaume-Uni, et beaucoup de fonds et ETF du continent sont dans ce cas. Normalement, ces gains sont imposés au Royaume-Uni comme des revenus. Pendant les quatre années FIG, vous pouvez les exonérer : c’est donc la meilleure fenêtre pour réorganiser un portefeuille. Plus de détails dans notre article retraite et placements en s’installant au Royaume-Uni.
Le salaire pour un travail à l’étranger n’est pas couvert. Si vous travaillez pour un employeur britannique aussi hors du Royaume-Uni, regardez plutôt l’Overseas Workday Relief, rattachée aux mêmes quatre années mais avec ses propres règles et un plafond. Les revenus britanniques restent de toute façon imposables : salaire britannique, loyers d’un appartement à Manchester, intérêts d’un compte britannique.
Le prix : abattements et imputation perdus
L’exonération n’est pas gratuite. Si vous exercez l’option une année, vous perdez pour cette année la Personal Allowance, l’abattement de l’impôt sur le revenu de 12 570 £ en temps normal, et l’abattement annuel de Capital Gains Tax de 3 000 £ pour 2026–27. La Marriage Allowance et la Married Couple’s Allowance disparaissent aussi si vous y aviez droit.
Autres effets : pas d’imputation d’impôt étranger sur les revenus exonérés, ce qui est logique puisque le Royaume-Uni ne les impose pas. Les revenus exonérés comptent malgré tout dans l’adjusted net income, donc pour les aides à la garde d’enfants et la High Income Child Benefit Charge. Et une option sur les revenus étrangers peut limiter l’avantage fiscal de vos cotisations à une pension britannique, sans descendre sous le plancher de 3 600 £.
D’où la règle de calcul principale : si vous n’avez que quelques centaines de livres d’intérêts venus de France, l’option vous coûte plus qu’elle ne rapporte. Si vous attendez des dividendes, des loyers ou une grosse plus-value à l’étranger, elle vous fait souvent économiser bien davantage. Vous n’êtes pas obligé d’opter pour tout : HMRC vous laisse choisir source par source, mais une seule option suffit à faire tomber les abattements.
Comment exercer l’option
Le régime FIG n’existe que sur option, et l’option se fait dans la déclaration. Pas de Self Assessment, pas de FIG.
- 1
S’inscrire au Self Assessment
Si vous n’êtes imposé que par prélèvement sur salaire (PAYE), vous vous inscrivez au Self Assessment auprès de HMRC. La marche à suivre est dans notre article sur HMRC et la déclaration de revenus.
- 2
Remplir les pages de résidence
Sur les pages SA109 (Residence and FIG regime), vous déclarez votre statut et coches si vous exercez une foreign income claim, une foreign gain claim ou les deux.
- 3
Reporter les montants sur la page spécialisée
Le montant exonéré se reporte sur la page complémentaire adaptée, par exemple les pages Foreign SA106 pour les intérêts et dividendes, source par source.
- 4
Surveiller le délai
L’option doit être exercée au plus tard douze mois après la date normale de dépôt. Pour 2025–26, c’est le 31 janvier 2028.
Ce qu’un résident français doit vérifier en plus
Le régime FIG ne règle que ce que le Royaume-Uni impose. Ce que la France demande est une autre affaire. Vous restez domicilié fiscalement en France dès qu’un seul critère de l’article 4 B du CGI y est rempli : foyer ou séjour principal, activité professionnelle principale, centre des intérêts économiques. Le salarié détaché qui laisse sa famille en France reste normalement domicilié en France. Si les deux pays vous considèrent résident, c’est l’article 4 de la convention fiscale franco-britannique qui tranche, et une option FIG ne change rien à cette résidence conventionnelle.
La convention contient en outre une clause de remise (article 29) : quand l’État de résidence n’impose un revenu que dans la mesure où il est rapatrié, l’allègement accordé par l’autre État est limité à la part effectivement imposée. Le BOFiP l’applique aux résidents britanniques imposés selon l’ancienne remittance basis, sauf pour les bénéfices d’entreprise et les dividendes. Aucune source française consultée ne dit comment la France traite les bénéficiaires du régime FIG au regard de cette clause : si vous percevez des revenus de source française pendant vos années FIG, la question se vérifie au cas par cas avant l’option.
Enfin, si vous quittez la France avec des parts de société ou un portefeuille important, l’exit tax française se joue au moment du départ, indépendamment du régime FIG. Seuils, sursis automatique pour le Royaume-Uni et dégrèvement : tout est dans notre article sur l’exit tax en partant au Royaume-Uni.
Dès la cinquième année, le Royaume-Uni impose tout ce que vous gagnez dans le monde, aux taux normaux. Et après dix ans de résidence sur vingt, votre patrimoine mondial entre en plus dans l’Inheritance Tax britannique. Une bonne planification utilise les quatre ans pour réorganiser et vendre, au lieu de les laisser filer.
Pour aller plus loin
Les articles liés au régime FIG lors d’une installation :
Questions fréquentes
Que veut dire FIG ?
FIG signifie foreign income and gains, les revenus et gains étrangers. Le régime FIG de quatre ans les exonère d’impôt britannique pendant quatre années fiscales pour les nouveaux arrivants, sur option.
Le régime FIG est-il le nouveau statut de non-dom ?
C’est son successeur, avec d’autres règles. Le domicile ne compte plus, seule la résidence compte : dix ans dehors, puis quatre ans de FIG. Et contrairement à la remittance basis, vous pouvez rapatrier l’argent au Royaume-Uni sans impôt.
Dois-je utiliser le régime pour tous mes revenus ?
Non. Vous choisissez source par source. Mais une seule option suffit à vous faire perdre la Personal Allowance et l’abattement de Capital Gains Tax pour l’année.
Puis-je mettre une année FIG de côté ?
Non. Les quatre ans courent d’affilée dès la première année de résidence. Une année sans option est tout de même consommée.
Et mon salaire versé par un employeur français ?
Le salaire pour un travail à l’étranger n’entre pas dans le régime FIG. Pour les jours travaillés hors du Royaume-Uni, il existe l’Overseas Workday Relief, avec ses propres règles et un plafond.
Le Budget 2026 a-t-il changé le régime FIG ?
Non. Le Budget du 28 octobre 2026 a facilité l’arrivée au Royaume-Uni avec des trusts existants et annoncé un suivi du système fondé sur la résidence. Les quatre ans et les dix ans restent inchangés.
Sources: GOV.UK: Check if you can claim the 4-year foreign income and gains regime; HMRC Helpsheet HS266: Foreign income and gains (FIG) regime (2026); HMRC: Reforming the taxation of non-UK domiciled individuals (TIIN); HM Treasury: Budget 2026 (28 October 2026); GOV.UK : convention fiscale franco-britannique de 2008; BOFiP : BOI-INT-CVB-GBR-10-30 (clause de remise); BOFiP : BOI-IR-CHAMP-10 (domicile fiscal, article 4 B du CGI)