L’ESSENTIEL
Retenue britannique sur dividendesaucune
Exceptiondistributions immobilières des REIT (avec retenue)
Impôt britannique des non-résidents sur dividendes UKlimité à la retenue à la source, donc zéro
Impositiondans l’État de résidence de l’investisseur
Plafonds de la convention franco-britannique15 % en général, 0 % pour une société détenant au moins 10 % du capital

La réponse courte : le Royaume-Uni ne retient rien

Si vous détenez des actions britanniques, vous touchez le dividende sans retenue britannique. Ce n’est pas grâce à une convention, mais au droit britannique lui-même. La loi énumère les paiements soumis à une retenue à la source : certains intérêts, des redevances, des rentes et quelques autres. Les dividendes ordinaires des sociétés britanniques ne figurent pas sur cette liste.

Pour les investisseurs non résidents, une seconde règle s’ajoute. L’impôt britannique sur les revenus du capital comme les dividendes est limité, pour eux, à ce qui a été retenu à la source. Les dividendes de sociétés britanniques font partie de ces revenus. Comme rien n’est retenu, vous ne devez aucun impôt britannique sur vos dividendes et vous n’avez pas de déclaration à déposer à ce titre au Royaume-Uni.

La seule exception à connaître : les REIT immobiliers britanniques versent leurs distributions immobilières avec retenue. Là, la convention fiscale joue, et un remboursement peut valoir la peine.

DEPUIS LE 6 AVRIL 2026
Le crédit d’impôt fictif a disparu

Les non-résidents qui percevaient des dividendes britanniques en même temps que des revenus locatifs britanniques pouvaient jusqu’ici utiliser un crédit d’impôt fictif sur leurs dividendes. Il est supprimé pour les distributions à compter du 6 avril 2026. Pour l’investisseur en actions sans autre revenu britannique, rien ne change.

Que dit alors la convention ?

La convention franco-britannique du 19 juin 2008 fixe les taux maximaux que l’État de la source peut prélever. Le Royaume-Uni ne les utilise pas pour les dividendes ordinaires. Ils comptent en revanche dans l’autre sens, quand une société française distribue à un actionnaire britannique.

CasPlafond de retenueCondition
Cas général15 %tout bénéficiaire effectif résident de l’autre État
Société actionnaire0 %société soumise à l’impôt sur les sociétés, au moins 10 % du capital
Fonds de pension britannique agréé15 %dividendes français perçus par le fonds
Véhicule immobilier français (SIIC, SPPICAV)15 %actionnaire britannique détenant moins de 10 %

Convention franco-britannique de 2008, article 11, texte publié sur GOV.UK ; BOFiP BOI-INT-CVB-GBR-10-20

Investisseur résident en France

Le dividende britannique arrive brut sur votre compte et se déclare en France comme tout dividende étranger. La convention prévoit que, pour les dividendes, la France accorde un crédit égal à l’impôt britannique effectivement payé, plafonné à l’impôt français. Comme le Royaume-Uni n’a rien prélevé, il n’y a ni crédit à imputer ni remboursement à demander à Londres. Les titres britanniques sont, de ce point de vue, les plus simples de votre portefeuille.

Un point que beaucoup oublient : si vos actions sont logées sur un compte titres ouvert auprès d’une banque ou d’un courtier au Royaume-Uni, ce compte se déclare chaque année avec votre déclaration de revenus sur le formulaire 3916. L’amende est de 1 500 € par compte non déclaré. Les établissements britanniques transmettent de toute façon vos données au fisc français dans le cadre de l’échange automatique (CRS).

Si votre relevé affiche malgré tout une retenue « britannique », regardez le titre de près : c’est souvent un REIT, un fonds domicilié hors du Royaume-Uni ou un certificat représentatif d’une action d’un autre pays.

Côté entrepreneur : la logique holding

Pour un entrepreneur, l’absence de retenue est la raison même d’envisager une holding britannique. Les bénéfices qu’elle distribue à ses associés quittent le pays sans prélèvement. Les dividendes qu’elle reçoit de ses filiales sont, chez elle, en règle générale exonérés de Corporation Tax.

Le point de friction se situe chez les filiales. Une filiale française qui distribue à une holding britannique détenant au moins 10 % de son capital ne prélève, selon la convention, aucune retenue. Mais l’article 11 contient une clause anti-abus, et l’instrument multilatéral (MLI) refuse l’avantage conventionnel quand l’obtenir était l’un des objectifs principaux du montage. La substance de la holding décide donc de tout. Le détail est dans holding UK et retenue à la source.

Comment les dividendes de la holding sont ensuite traités chez une société mère française est résumé dans notre tableau du régime mère-fille. Et le taux de l’impôt britannique sur les bénéfices propres de la holding est expliqué dans notre article sur la Corporation Tax.

FAQ

Questions fréquentes

Dois-je déclarer mes dividendes britanniques au Royaume-Uni ?

En tant que non-résident sans autre revenu britannique, en général non. L’impôt britannique sur vos dividendes est limité à la retenue à la source, qui est nulle. La déclaration se fait en France.

Est-ce valable pour les dividendes de ma propre Ltd ?

Oui, la Ltd distribue sans retenue. Mais la question plus importante est ailleurs : selon le lieu de direction effective, la Ltd elle-même peut être résidente du Royaume-Uni ou de la France. Voir notre article sur la Ltd dirigée depuis la France.

Pourquoi la convention parle-t-elle de 15 % si le Royaume-Uni ne retient rien ?

Une convention plafonne ce qu’un État peut prélever au maximum. Le Royaume-Uni n’utilise pas cette marge pour les dividendes ordinaires. La France, elle, peut l’utiliser pour les dividendes qui partent dans l’autre sens.

Et les intérêts de source britannique ?

Les intérêts suivent leurs propres règles, avec parfois une retenue en droit britannique. Selon la convention franco-britannique, les intérêts ne sont imposables que dans l’État de résidence du bénéficiaire effectif : 0 % au Royaume-Uni pour un résident français, qui les déclare en France. Pour un cas précis, réservez une consultation.

Sources: legislation.gov.uk: Income Tax Act 2007, s. 847; GOV.UK: HS300 Non-residents and investment income (2026); HMRC Savings and Investment Manual SAIM5310 (REIT distributions); GOV.UK: Abolition of the notional tax credit on dividends received by non-UK residents; GOV.UK : convention fiscale franco-britannique de 2008; GOV.UK : texte synthétisé MLI et convention franco-britannique; BOFiP : BOI-INT-CVB-GBR-10-20 (convention franco-britannique, revenus); impots.gouv.fr : notice du formulaire 3916