EN BREF
Entrée sans visajusqu’à 6 mois comme visiteur, voyages d’affaires compris
ETA20 £, valable 2 ans ou jusqu’à l’expiration du passeport, voyages illimités
Documentpasseport ; carte d’identité seulement avec un statut EUSS ou dans quelques cas particuliers
Autorisérendez-vous, négociations, salons, visites de sites, formations internes
Exclutravail rémunéré ou bénévole pour une entreprise britannique
État du droitnovembre 2026

L’ETA : ce que c’est et ce que ça coûte

Les Français n’ont pas besoin de visa pour un séjour de visite au Royaume-Uni, mais ils doivent obtenir une Electronic Travel Authorisation, l’ETA. Seuls les Irlandais en sont dispensés. L’ETA couvre le Royaume-Uni, Jersey, Guernesey et l’île de Man et permet des séjours de six mois au plus pour les vacances, la famille, les affaires ou une courte formation.

Elle coûte 20 £, se demande en ligne ou via l’application, et reste valable deux ans ou jusqu’à l’expiration du passeport si elle intervient avant. Pendant ce temps, vous voyagez autant que vous voulez. La plupart des réponses arrivent dans la journée, au plus tard après trois jours ouvrés. Chacun a besoin de sa propre ETA, enfants compris ; seuls les enfants qui voyagent avec le formulaire franco-britannique des sorties scolaires en sont dispensés. L’ETA ne garantit pas l’entrée : le contrôle à la frontière reste la règle.

Pas d’ETA non plus avec un passeport britannique ou irlandais, un visa britannique ou un droit de séjour comme le settled ou pre-settled status de l’EU Settlement Scheme. Méfiez-vous des sites qui facturent davantage : GOV.UK met explicitement en garde contre les imitations des pages officielles.

Carte d’identité ou passeport ?

C’est la question qu’on nous pose le plus, et pour la plupart des Français la réponse est : le passeport. La carte nationale d’identité ne suffit que si vous détenez un settled ou pre-settled status, un EUSS family permit ou un frontier worker permit, si vous venez en S2 pour des soins, ou si vous avez la confirmation d’une demande EUSS en cours. Dans ces cas-là, les cartes conformes aux normes biométriques de l’OACI restent acceptées sans limite de durée. Tous les autres ont besoin d’un passeport valable pendant tout le séjour.

À l’arrivée, les Français peuvent toujours passer par les portiques automatiques ePassport.

Ce que vous pouvez faire en voyage d’affaires

Comme Standard Visitor, vous pouvez faire des affaires tant qu’aucune organisation ni aucun client britannique ne vous rémunère pour cela. Vous pouvez notamment :

  • participer à des entretiens, réunions, conférences et séminaires
  • négocier et signer des accords et des contrats
  • présenter votre société sur un salon, mais sans vendre sur le stand
  • effectuer des visites de sites et des inspections
  • superviser la livraison de biens ou de services qu’une société britannique fournit à votre entreprise française
  • former sur place les salariés de votre employeur étranger sur des projets internes ou partager des connaissances avec eux
  • comme salarié d’une société étrangère, installer, entretenir ou réparer des machines, équipements ou logiciels prévus par un contrat de vente, de fourniture ou de location avec une société britannique
  • intervenir comme expert rémunéré à certains événements, dans le cadre d’un Permitted Paid Engagement

Où s’arrête le voyage d’affaires

Ce qui vous est interdit : le travail rémunéré ou bénévole pour une entreprise britannique, ou une activité indépendante au Royaume-Uni, hors Permitted Paid Engagement. Pour cela, il faut un visa de travail. Interdit aussi de vivre de fait au Royaume-Uni en enchaînant les visites.

La zone grise, c’est le contact client. Les Immigration Rules ne permettent au salarié d’une société étrangère de rencontrer des clients que si cela reste interne au groupe, accessoire, et sert un projet de l’entité britannique, pas un projet que la société étrangère livre directement au client britannique. Fournir soi-même la prestation à un client britannique demande en général un visa, par exemple le Service Supplier.

Depuis le 8 octobre 2026, le HC 584 apporte un petit allègement : le visiteur n’a plus à démontrer que la formation qu’il suit au Royaume-Uni est introuvable dans son pays.

Visite ou visa ?

Ce que vous prévoyezVisiteur avec ETAVisa nécessaire
Négocier avec un client britanniqueoui
Vendre directement sur un stand de salonoui
Vos propres techniciens installent une machine achetée par le clientoui, dans le cadre d’un contrat de fourniture
Mission de conseil de trois mois chez un client britanniqueen général oui
Créer votre propre antenne britannique et vivre au Royaume-Unioui, par exemple UK Expansion Worker
Formation interne dans votre propre filiale britanniqueoui

Notre lecture de GOV.UK et de l’Appendix Visitor: Permitted Activities ; l’agent à la frontière décide au cas par cas

Voyages d’affaires et fiscalité

Même sans visa, un déplacement professionnel peut avoir des conséquences fiscales. Au-delà d’un certain nombre de jours, vous pouvez devenir résident britannique au sens du statutory residence test, et une société qui conclut régulièrement des contrats au Royaume-Uni peut y créer un établissement stable. Pour un salarié, la convention fiscale franco-britannique laisse le salaire imposable en France seulement si vous restez 183 jours au plus sur toute période de 12 mois au Royaume-Uni et que votre rémunération n’est supportée ni par un employeur britannique ni par un établissement stable sur place ; sinon, le Royaume-Uni peut imposer. Plus de détails dans statut et fiscalité. Quand les voyages doivent devenir une implantation, l’étape suivante est notre UK Company Setup.

FAQ

Questions fréquentes

Combien de temps puis-je rester au Royaume-Uni sans visa ?

Six mois au plus par visite, comme visiteur. Vivre de fait au Royaume-Uni en multipliant les visites enfreint les règles.

Mes enfants ont-ils besoin de leur propre ETA ?

Oui. Chacun a besoin de sa propre ETA, bébés compris. Exception : les enfants qui voyagent avec le formulaire franco-britannique des sorties scolaires.

L’ETA couvre-t-elle Jersey et Guernesey ?

Oui. Elle couvre le Royaume-Uni, Jersey, Guernesey et l’île de Man.

Récupère-t-on les 20 £ si l’on ne part pas ?

Non. Une fois la demande déposée, rien n’est remboursé.

Puis-je travailler sur mon ordinateur pour mon employeur français pendant la visite ?

Oui, tant que ce n’est pas l’objet principal du séjour. Les Immigration Rules autorisent expressément le visiteur à travailler pour son emploi à l’étranger pendant son séjour. Si vous venez surtout pour travailler depuis le Royaume-Uni, ou si vous y passez de nombreuses semaines par an, faites vérifier le visa et la fiscalité.

Ai-je besoin d’une ETA si je suis franco-britannique ?

Non, et vous ne pouvez même pas en obtenir une : avec la double nationalité britannique, vous entrez avec votre passeport britannique.

Sources: GOV.UK: Get an electronic travel authorisation (ETA); GOV.UK: Visiting the UK as an EU, EEA or Swiss citizen; GOV.UK: Visit the UK as a Standard Visitor; GOV.UK: Immigration Rules Appendix Visitor: Permitted Activities; GOV.UK: Statement of changes HC 584, explanatory memorandum; GOV.UK : UK-France double taxation convention (2008), in force