| Royaume-Uni | autorise la double nationalité, aucune démarche |
| France | un Français qui devient britannique reste français, sans renonciation exigée |
| Perte de la nationalité française | seulement par déclaration expresse (art. 23 du Code civil) |
| Aide consulaire | aucune aide britannique en France pour un Franco-Britannique |
| Voyage | un binational britannique ne peut pas obtenir d’ETA |
| État du droit | novembre 2026 |
Le côté britannique
GOV.UK le dit en une phrase : la double nationalité est autorisée au Royaume-Uni. Il n’y a rien à demander, et un Britannique qui prend une autre nationalité reste britannique. Deux conséquences pratiques méritent d’être connues. Dans votre autre pays de nationalité, le Royaume-Uni ne vous apporte aucune aide consulaire ; GOV.UK prend justement l’exemple d’un Franco-Britannique en France. Et en tant que binational britannique, vous ne pouvez pas obtenir d’ETA : vous entrez au Royaume-Uni avec votre passeport britannique ou un certificate of entitlement.
Comment devenir britannique, c’est l’objet de notre page nationalité britannique.
Le côté français
Service-public.fr est tout aussi clair : un Français ayant acquis la nationalité britannique conserve sa nationalité française. La loi française n’exige pas qu’un Français qui acquiert une autre nationalité renonce à la sienne, et, selon le ministère des Affaires étrangères, la possession d’une ou plusieurs autres nationalités n’a en principe aucune incidence sur la nationalité française.
La perte n’arrive que si vous la demandez. L’article 23 du Code civil permet à un majeur qui réside habituellement à l’étranger et acquiert volontairement une nationalité étrangère de perdre la nationalité française par déclaration expresse. Cette déclaration peut être souscrite dès le dépôt de la demande de nationalité étrangère, et au plus tard dans l’année qui suit son acquisition. Avant 35 ans, elle n’est possible que si vous êtes en règle avec les obligations du service national. Si vous ne faites rien, vous restez français.
Une limite pratique : un Français binational qui réside dans l’autre État dont il a la nationalité ne peut pas y faire prévaloir sa nationalité française. Au Royaume-Uni, vous êtes donc d’abord britannique aux yeux des autorités britanniques.
Ce qu’il vaut la peine de vérifier avant la naturalisation
- Vos jours d’absence et votre calendrier côté britannique, qui sont le vrai point délicat.
- Que votre passeport et votre carte d’identité français restent valides, pour voyager librement dans l’Union européenne.
- Si vous envisagez de renoncer à la nationalité française, le délai d’un an après l’acquisition et, avant 35 ans, votre situation au regard du service national.
- Pour vos enfants, les règles britanniques de filiation (voir plus bas) et la transmission de la nationalité française, qui relève du droit français.
- Les conséquences fiscales d’un départ de France, qui ne dépendent pas de votre nationalité mais de votre résidence.
Si vous avez été naturalisé il y a longtemps
La France a dénoncé le chapitre I de la convention du Conseil de l’Europe de 1963 sur la réduction des cas de pluralité de nationalités, avec effet au 5 mars 2009. Si votre naturalisation britannique est ancienne et que vous avez un doute sur votre situation, faites-la confirmer par l’autorité française qui délivre votre passeport ou par le consulat avant votre prochain renouvellement.
Français au Royaume-Uni : le côté du séjour
Pour les citoyens de l’UE, Français compris, le côté britannique comporte un détail de plus. Selon GOV.UK, une voie particulière vers la naturalisation avec un pre-settled status leur est ouverte, en général avec une année d’attente supplémentaire. Et le settled status se perd après plus de cinq ans d’affilée hors du Royaume-Uni ; le passeport britannique, lui, ne se perd pas par l’absence. Le fonctionnement du statut est expliqué sur notre page EU Settlement Scheme.
Les enfants franco-britanniques
Les enfants d’un parent britannique et d’un parent français acquièrent souvent les deux nationalités à la naissance. Côté britannique, tout dépend des règles de filiation : la nationalité britannique se transmet en principe aux enfants nés à l’étranger sur une seule génération. Si le parent britannique ne l’est que par filiation, l’enfant doit en général être enregistré. Nous l’expliquons dans la partie filiation. La nationalité française de l’enfant relève, elle, du droit français.
Deux passeports, une seule situation fiscale
La nationalité ne décide pas de l’impôt sur le revenu, ni au Royaume-Uni ni en France. Ce qui compte, c’est où vous vivez et où vous êtes résident fiscal. La nationalité n’intervient qu’en dernier recours, dans la règle de départage de la convention franco-britannique, quand ni le foyer permanent, ni le centre des intérêts vitaux, ni le séjour habituel ne tranchent. Plus de détails dans statut et fiscalité et dans notre présentation de la fiscalité britannique.
Questions fréquentes
Vais-je perdre ma nationalité française si je deviens britannique ?
Non. Un Français qui acquiert la nationalité britannique conserve sa nationalité française. Il ne la perd que s’il souscrit lui-même une déclaration expresse de perte.
Mon enfant a un parent britannique et un parent français. A-t-il les deux nationalités ?
S’il les a acquises à la naissance, en général oui. Sa nationalité britannique dépend des règles britanniques de filiation ; sa nationalité française relève du droit français.
Dois-je déclarer ma double nationalité au Royaume-Uni ?
Non. Il n’y a aucune démarche à faire au Royaume-Uni.
Avec quel passeport entrer au Royaume-Uni ?
Avec votre passeport britannique. Un binational britannique ne peut pas obtenir d’ETA.
Sources: GOV.UK: Dual citizenship; GOV.UK: Apply for citizenship if you have indefinite leave to remain; GOV.UK: Apply to the EU Settlement Scheme; Service-public.fr : double nationalité (F334); Service-public.fr : perte de la nationalité française (F3073); Diplomatie.gouv.fr : en savoir plus sur la double nationalité; Diplomatie.gouv.fr : perdre la nationalité française; GOV.UK : UK-France double taxation convention (2008), in force