| Taux principal | 25 % sur les bénéfices au-delà de 250 000 £ |
| Taux des petits bénéfices | 19 % jusqu’à 50 000 £ |
| Entre les deux | Marginal Relief (zone de lissage) |
| Paiement | 9 mois et 1 jour après la clôture de l’exercice, acomptes pour les gros bénéfices |
| Déclaration | 12 mois après la clôture de l’exercice |
Qui paie la Corporation Tax
La Corporation Tax s’applique aux sociétés de capitaux britanniques, mais aussi aux entreprises étrangères qui ont une succursale ou un bureau au Royaume-Uni. La différence tient à l’assiette. Une société résidente au Royaume-Uni y est imposée sur son bénéfice mondial. Une société étrangère qui n’a qu’une succursale n’y paie l’impôt que sur le bénéfice de son activité britannique.
Une société immatriculée au Royaume-Uni y est considérée comme résidente. Pour un associé français, il y a l’autre moitié de l’histoire : si la Ltd est en réalité pilotée depuis la France, l’administration française peut, elle aussi, la considérer comme résidente. La convention franco-britannique tranche alors en faveur de l’État où se trouve son siège de direction effective. Comment le régler dès la création, c’est ce que nous faisons dans UK Company Setup.
Les taux en un coup d’œil
Les seuils valent pour un exercice complet et une société sans sociétés associées.
| Bénéfice imposable | Taux |
|---|---|
| jusqu’à 50 000 £ | 19 % (small profits rate) |
| de 50 000 à 250 000 £ | 25 %, réduit par la Marginal Relief |
| au-delà de 250 000 £ | 25 % (main rate) |
GOV.UK : Corporation Tax rates, expenses and reliefs
Le piège des sociétés associées
Des seuils de 50 000 et 250 000 £, cela paraît généreux. Mais ils sont divisés par le nombre de sociétés associées et réduits au prorata pour un exercice court. Si vous contrôlez, à côté de votre Ltd, deux autres sociétés, y compris en France, le seuil des 19 % peut fondre à une fraction de son montant.
C’est là que beaucoup de créateurs se trompent : ils comparent les 19 % à leur taux en France et oublient que leur SAS, leur holding et leurs participations peuvent compter dans le calcul. La question de savoir si et comment vos sociétés sont associées se règle avant la création, pas après.
La première année réserve une autre surprise : il peut y avoir deux périodes d’imposition, chacune avec son paiement et sa déclaration. Votre calendrier d’échéances vous le montre.
Pas d’avis d’imposition, mais des échéances
Au Royaume-Uni, aucune société ne reçoit d’avis d’impôt sur les sociétés. Elle calcule elle-même son impôt, dépose la déclaration CT600 et paie à temps. Le paiement est dû 9 mois et 1 jour après la clôture de l’exercice, la déclaration 12 mois après la clôture. On paie donc avant de déclarer, un détail qui surprend régulièrement les dirigeants habitués au calendrier français.
Les sociétés dont le bénéfice imposable dépasse 1,5 million de livres paient par acomptes en cours d’année. Et même une société en perte, ou qui ne doit rien, dépose sa déclaration.
Ce qui est déductible, et ce qui ne l’est pas
Les règles de base. Le détail dépend de l’activité et de la nature de la dépense.
- Les charges courantes engagées dans un but purement professionnel réduisent le bénéfice.
- Les investissements ne sont pas déductibles directement ; les équipements donnent droit à des amortissements fiscaux (capital allowances).
- Les frais de réception de clients ne sont expressément pas déductibles.
- Les dividendes versés aux associés ne réduisent pas le bénéfice : ils sont payés sur le bénéfice déjà imposé.
Le gouvernement tient sa feuille de route et plafonne le taux principal à 25 %. L’amortissement immédiat intégral (full expensing) est maintenu. Annoncé : l’amortissement de première année du pool principal passe de 40 à 50 % pour les dépenses engagées à partir du 1er janvier 2027, et l’amortissement annuel du pool principal tombe à 12 % à partir du 1er avril 2027. Pour les banques, la surtaxe passe temporairement de 3 à 6 %. Ces mesures passent par le Finance Bill 2026–27.
Et comment le bénéfice arrive-t-il jusqu’à vous ?
La Corporation Tax n’est que le premier étage. Quand la Ltd distribue des dividendes, le Royaume-Uni ne prélève aucune retenue à la source. Si votre société française détient au moins 10 % du capital, la convention exclut de toute façon l’imposition à la source ; avec au moins 5 % détenus depuis deux ans, elle peut placer ces dividendes sous le régime mère-fille, avec une quote-part de frais et charges de 5 %. Le détail est dans notre article sur la retenue à la source sur les dividendes.
Si vous vivez vous-même au Royaume-Uni, vous payez l’impôt britannique sur le revenu sur vos dividendes : pour l’année fiscale 2026–27, 500 £ sont exonérées, puis s’appliquent 10,75 %, 35,75 % ou 39,35 % selon votre tranche. Pour regrouper vos participations, la structure adaptée est la UK Holding Company.
Questions fréquentes
Quel est le taux de l’impôt sur les sociétés au Royaume-Uni ?
25 % sur les bénéfices au-delà de 250 000 £, 19 % jusqu’à 50 000 £, et un taux progressif entre les deux grâce à la Marginal Relief. Les seuils baissent avec le nombre de sociétés associées.
Ma succursale britannique paie-t-elle aussi la Corporation Tax ?
Oui, sur le bénéfice de son activité britannique. La comparaison entre succursale et filiale figure dans notre article succursale ou filiale.
Ma Ltd doit-elle déclarer même sans bénéfice ?
Oui. La déclaration est due même en cas de perte ou sans impôt à payer.
Sources: GOV.UK : Corporation Tax rates, expenses and reliefs; GOV.UK : Corporation Tax; GOV.UK : Pay your Corporation Tax bill; GOV.UK : Company Tax Returns; GOV.UK : Tax on dividends; GOV.UK : Budget 2026; legislation.gov.uk : Corporation Tax Act 2009, s. 14; GOV.UK : convention fiscale franco-britannique de 2008; BOFiP : BOI-IS-BASE-10-10-10-10 et BOI-IS-BASE-10-10-10-20 (régime mère-fille)