EN BREF
QuoiPas d’impôt britannique sur le revenu pour le salaire d’un travail exercé hors du Royaume-Uni
QuiLes salariés pendant leurs 4 premières années au Royaume-Uni après au moins 10 ans dehors
PlafondLe plus faible de 30 % de la rémunération concernée ou 300 000 £, par an
DemandeOption et demande dans la déclaration Self Assessment
CompteVersement sur un compte britannique ou étranger, peu importe
EmployeurPeut limiter le PAYE à 70 % du salaire (notification à HMRC)
À jourNovembre 2026

Ce qu’est l’Overseas Workday Relief

Un résident britannique est en principe imposé au Royaume-Uni sur tous ses revenus, y compris le salaire des jours où il travaille à Paris, Bruxelles ou Genève. L’Overseas Workday Relief, ou OWR, sort de l’impôt britannique, pendant les premières années après l’arrivée, la part du salaire qui correspond au travail exercé hors du Royaume-Uni.

Jusqu’au 5 avril 2025, l’OWR dépendait de la remittance basis : la part étrangère n’était exonérée que tant qu’elle restait à l’étranger. Depuis le 6 avril 2025, elle est intégrée au nouveau système fondé uniquement sur la résidence. Le statut non-dom ne joue plus, et vous pouvez recevoir le salaire concerné sur un compte britannique ou étranger sans effet sur la relief. Sont visés les salaires et avantages en nature, les revenus d’actionnariat salarié et les rémunérations versées par des tiers, pour la part liée au travail hors du Royaume-Uni.

Vos autres revenus étrangers relèvent du régime FIG de quatre ans. Le salaire étranger en est expressément exclu : c’est le rôle de l’OWR.

Qui y a droit

L’OWR vous est ouverte pour une année fiscale si vous êtes éligible au régime FIG cette année-là, c’est-à-dire pendant vos quatre premières années au Royaume-Uni après au moins dix ans dehors. Votre résidence selon le Statutory Residence Test fixe le point de départ. Vous n’avez pas besoin de demander le FIG pour vos autres revenus étrangers, l’éligibilité suffit.

Le domicile ne compte plus. Même un Britannique qui revient après dix ans à l’étranger peut en bénéficier. Et la relief est renouvelable : si dix ans hors du Royaume-Uni séparent deux séjours, tout recommence.

Pour les arrivants des années fiscales 2023–24 et 2024–25, des règles transitoires existent. Celui qui utilisait alors l’OWR avec la remittance basis la conserve pour ses trois premières années, et même quatre s’il est nouveau résident au sens du régime FIG. Pour ce groupe, le nouveau plafond ne s’applique pas avant le 5 avril 2028.

Le plafond : 30 % ou 300 000 £

Depuis avril 2025, l’OWR est plafonnée, par année éligible, au plus faible de 30 % de la rémunération concernée et 300 000 £. Comptez la rémunération des emplois exercés en partie au Royaume-Uni et en partie à l’étranger. Trois exemples chiffrés :

Salaire annuelPart des jours à l’étrangerSalaire étrangerPlafondRelief
150 000 £20 %30 000 £45 000 £ (30 %)30 000 £
200 000 £40 %80 000 £60 000 £ (30 %)60 000 £
1 500 000 £35 %525 000 £300 000 £ (maximum)300 000 £

HMRC, EIM43600 Financial limit ; exemples calculés par St Matthew

Ce qui compte comme travail à l’étranger

La part de votre salaire liée au travail hors du Royaume-Uni se détermine de façon « juste et raisonnable », en pratique le plus souvent au prorata des jours travaillés. L’ancienne règle qui traitait comme britanniques les tâches accessoires exercées à l’étranger n’a expressément pas été reprise pour la nouvelle OWR.

Si vous arrivez en cours d’année avec un split year, seul le salaire de la partie britannique peut être concerné ; pour la partie étrangère, vous êtes de toute façon traité en grande partie comme un non-résident. Les bonus rattachés à une année éligible mais versés plus tard peuvent être allégés l’année du versement. Le plafond s’applique par année éligible et se cumule sur les années.

Côté employeur : le PAYE sur une partie du salaire

Sans démarche particulière, votre employeur retient le PAYE sur la totalité du salaire, et vous ne récupérez la relief qu’avec votre déclaration. On peut faire mieux : l’employeur peut informer HMRC en ligne qu’il n’applique le PAYE qu’à la part du salaire liée au travail au Royaume-Uni. Le formulaire s’appelait autrefois « section 690 ». Il lui faut un accès Government Gateway et sa référence PAYE, et il peut appliquer la retenue réduite dès que HMRC a accusé réception.

Pour les nouveaux résidents, la part estimée hors PAYE est plafonnée à 30 %, pour coller au plafond de la déclaration. La notification ne vaut que pour l’année fiscale en cours : il en faut une nouvelle chaque année, et une mise à jour si votre situation change. Un salarié détaché avec une rémunération nette garantie peut passer par la procédure de Modified PAYE, dont l’estimation peut intégrer l’OWR à titre provisoire. Dans tous les cas, vous devez déposer une déclaration.

Pour une entreprise française qui envoie des salariés au Royaume-Uni, tout cela relève de la paie courante. Comment nous organisons votre paie britannique : voir la page UK Payroll.

Le prix, et ce que dit la convention franco-britannique

L’OWR a un prix : l’option pour une année vous fait perdre, pour cette année, la Personal Allowance et l’abattement de Capital Gains Tax, exactement comme une demande FIG. Avec peu de jours à l’étranger, cela peut coûter plus que la relief ne rapporte. Faites le calcul avant de choisir.

Ensuite, la convention. Si, résident britannique, vous travaillez certains jours en France, la France peut imposer le salaire de ces jours selon l’article 15 de la convention franco-britannique. Le salaire reste imposable au seul Royaume-Uni si vous ne passez pas plus de 183 jours en France sur toute période de 12 mois, que votre employeur n’est pas résident de France et que la rémunération n’est pas supportée par un établissement stable qu’il y a. Avec un employeur français, cette exception tombe en général. L’OWR évite alors que le Royaume-Uni impose en plus ces jours pendant les premières années ; au-delà, le Royaume-Uni impute l’impôt français sur son propre impôt.

Cas particulier des dirigeants : selon l’article 15(4), les fonctions de direction dans une société soumise à l’impôt sur les sociétés français, par exemple celles d’un gérant, sont traitées comme un emploi salarié. Les jetons de présence d’administrateur, eux, peuvent être imposés dans l’État de résidence de la société (article 16).

FAQ

Questions fréquentes

Faut-il encore un compte à l’étranger pour l’Overseas Workday Relief ?

Non. Depuis le 6 avril 2025, vous pouvez recevoir le salaire concerné sur un compte britannique ou étranger, la relief ne change pas.

Combien de temps ai-je droit à l’OWR ?

Pour chaque année fiscale où vous êtes éligible au régime FIG, donc au plus vos quatre premières années au Royaume-Uni après au moins dix ans dehors. Chaque année demande sa propre option dans la déclaration.

L’OWR vaut-elle pour les indépendants ?

Non, elle vise les revenus salariés. Les bénéfices d’une activité exercée entièrement hors du Royaume-Uni relèvent du régime FIG.

Et si ma part à l’étranger dépasse 30 % ?

Vous payez l’impôt britannique sur le reste, même s’il correspond à des jours à l’étranger. Le plafond de 30 % ou 300 000 £ s’applique par année éligible.

Mon employeur doit-il être établi au Royaume-Uni ?

L’OWR dépend de votre résidence et du lieu de votre travail. Si votre employeur a un enregistrement PAYE au Royaume-Uni, il peut faire la notification à HMRC ; sinon, vous obtenez la relief par votre déclaration. Côté France, un employeur français change l’analyse de l’article 15 de la convention.

Sources: HMRC Manual: EIM43555 Overseas Workday Relief, overview; HMRC Manual: EIM43560 Eligibility; HMRC Manual: EIM43580 Making a claim for relief; HMRC Manual: EIM43600 Financial limit; HMRC Manual: EIM43605 Transitional provisions; GOV.UK: Tell HMRC that you'll operate PAYE on a proportion of an employee's income; GOV.UK: Aligning PAYE and Overseas Workday Relief; GOV.UK: Check if you can claim the 4-year foreign income and gains regime; GOV.UK : convention fiscale franco-britannique de 2008