| Pension étrangère | Imposable au Royaume-Uni pour son montant total, quand la convention donne le droit d’imposer au Royaume-Uni |
| Retraite privée (emploi passé) | Selon la convention franco-britannique, imposable uniquement dans l’État de résidence (art. 18) |
| Pension de fonctionnaire français | Imposable uniquement en France, sauf si vous êtes résident et ressortissant britannique sans la nationalité française (art. 19) |
| FCP, SICAV et ETF non britanniques | En règle générale des offshore funds au sens du droit britannique |
| Non-reporting fund | Plus-value imposée comme un revenu (jusqu’à 45 %), pas comme un gain en capital (18 % ou 24 %) |
| Plafond ISA 2026-27 | 20 000 £ par an |
| À jour | Novembre 2026 |
Votre pension française vue de Londres
Dès que vous êtes résident britannique au sens du Statutory Residence Test, vos pensions étrangères font partie de votre revenu britannique. La loi (ITEPA 2003, section 575) les impose pour leur montant total. D’anciennes sources parlent encore d’un abattement forfaitaire de 10 % : il ne figure plus dans le texte en vigueur. Si vous arrivez en cours d’année et qu’un split year s’applique, seule la pension perçue pendant la partie britannique de l’année compte.
Reste à savoir si le Royaume-Uni a le droit de l’imposer. HMRC le résume ainsi : selon la plupart des conventions, une pension liée à un emploi passé n’est imposable que dans l’État de résidence. Une pension que le Royaume-Uni ne peut pas imposer en vertu de la convention se déclare quand même, avec le payeur, le montant et la convention, dans la case « Any other information » de la déclaration.
L’impôt sur le revenu britannique (Income Tax) fonctionne par tranches en Angleterre, au pays de Galles et en Irlande du Nord : 20 % jusqu’à 50 270 £, 40 % jusqu’à 125 140 £ et 45 % au-delà, après l’abattement personnel de 12 570 £. L’Écosse a ses propres tranches.
Qui impose votre pension : la convention franco-britannique
Voici comment la convention fiscale franco-britannique répartit le droit d’imposer quand vous vivez au Royaume-Uni. Pour votre cas précis, c’est toujours le texte de la convention qui fait foi.
| Type de revenu | Qui impose | Article |
|---|---|---|
| Pension du privé liée à un emploi passé (retraite d’entreprise, complémentaire d’un ancien employeur) | Uniquement l’État de résidence, donc le Royaume-Uni | Art. 18 |
| Pension de fonctionnaire versée par l’État français ou une collectivité | Uniquement la France | Art. 19(2) |
| Exception pour la pension publique | Uniquement le Royaume-Uni si vous y êtes résident et ressortissant britannique sans avoir la nationalité française | Art. 19(2) |
| Retraites des régimes obligatoires (CNAV, Agirc-Arrco) | À vérifier au cas par cas : on regarde ensemble sous quel article elles tombent | Cas par cas |
Convention fiscale franco-britannique du 19 juin 2008 (texte sur GOV.UK)
Ce que la France garde, et ce que la coordination sociale vous garantit
Une pension de fonctionnaire française reste donc imposée en France même après votre installation à Manchester ou à Édimbourg, tant que vous avez la nationalité française. Le Royaume-Uni ne la taxe pas une seconde fois : il ne la reprend qu’au titre de l’information, via la case « Any other information ».
Côté droits, l’accord de commerce et de coopération entre l’Union européenne et le Royaume-Uni conserve l’essentiel : les périodes travaillées en France et au Royaume-Uni comptent pour l’ouverture et le calcul des deux retraites, et les prestations sont exportables. Si vous ne touchez qu’une pension française et que vous vous installez au Royaume-Uni depuis 2021, vous restez assuré auprès du régime français pour la maladie.
Dans l’autre sens, si vous travaillez en France et cotises à un régime de retraite reconnu fiscalement au Royaume-Uni, le BOFiP admet, sous les conditions de l’article 25(6) de la convention, la déduction de ces cotisations en France. Utile quand un détachement ou un retour se prépare.
Les quatre premières années : le régime FIG
Depuis le 6 avril 2025, le régime FIG sur quatre ans s’adresse aux nouveaux arrivants : si vous êtes dans vos quatre premières années fiscales britanniques après au moins dix ans hors du Royaume-Uni, vous pouvez faire exonérer vos revenus et gains étrangers. Les pensions étrangères en font partie, sauf quelques cas exclus. Une retraite complémentaire du privé que la convention rend imposable au Royaume-Uni peut donc être soulagée pendant ces années.
Le prix : celui qui fait la demande perd pour l’année l’abattement personnel et l’abattement de 3 000 £ sur les plus-values, qu’il exonère seulement des revenus ou seulement des gains. Les revenus exonérés n’ouvrent droit à aucun crédit d’impôt étranger. Et une demande sur les revenus étrangers peut réduire l’avantage fiscal de vos cotisations à une pension britannique, sans descendre sous le montant de base de 3 600 £. Pour une petite pension, la demande vaut rarement la peine ; pour une grosse, souvent beaucoup. Vous décidez année par année, jusqu’à douze mois après la date normale de dépôt de la déclaration.
Votre portefeuille : pourquoi votre ETF peut devenir un piège
Voici la partie que presque tout le monde sous-estime. Un fonds constitué hors du Royaume-Uni est, en droit britannique, un offshore fund s’il remplit certaines conditions. HMRC cite expressément la SICAV, le FCP et l’ICAV irlandais, c’est-à-dire précisément les formes sous lesquelles vivent les fonds et la plupart des ETF achetés depuis la France. Chaque catégorie de parts compte comme un fonds distinct.
Une seule question décide de tout : la part que vous détenez a-t-elle le statut de reporting fund auprès de HMRC ? Un reporting fund déclare chaque année ses revenus à HMRC et aux porteurs. Vous êtes imposé sur votre quote-part de ces revenus, même si le fonds capitalise et ne distribue rien. À la vente, le gain est une plus-value ordinaire, soumise à la Capital Gains Tax à 18 % ou 24 %, diminuée des revenus déjà imposés.
Si la part n’a pas ce statut, le gain de cession devient normalement un « offshore income gain ». Il est soumis à l’impôt sur le revenu et non à la Capital Gains Tax, donc jusqu’à 45 %, et l’abattement sur les plus-values ne sert à rien. Pour les fonds obligataires sous forme de société détenant plus de 60 % d’actifs portant intérêt, les revenus sont imposés comme des intérêts. Or le budget du 28 octobre 2026 a annoncé des taux plus élevés sur les intérêts : 24 %, 44 % et 49 % à partir du 6 avril 2027, à inscrire dans la Finance Bill 2026-27.
Reporting ou non-reporting : la différence
Ce que les deux statuts signifient pour vous, investisseur résident au Royaume-Uni.
| Reporting fund | Non-reporting fund | |
|---|---|---|
| Revenus courants | Imposables même sans distribution (excess reportable income, réputé perçu six mois après la fin de la période de reporting) | Seules les distributions sont imposables |
| Gain de cession | Capital Gains Tax, 18 % ou 24 %, abattement de 3 000 £ | Offshore income gain : impôt sur le revenu jusqu’à 45 % |
| Ce qu’il vous faut | Le rapport annuel du fonds | La liste de HMRC et la confirmation de la société de gestion |
| Détenu dans un ISA | Rien à déclarer | Rien à déclarer |
HMRC, HS265 Offshore funds ; GOV.UK, Capital Gains Tax rates and allowances
Les quatre ans comme fenêtre de tir, et l’exit tax en amont
C’est là que le régime FIG devient un outil. Les offshore income gains font partie des revenus que vous pouvez exonérer pendant vos quatre ans. Si vous arrivez avec un portefeuille rempli de non-reporting funds, vous pouvez le réorganiser pendant cette période, par exemple vers des parts qui ont le statut de reporting fund, et faire exonérer le gain par une demande. Ensuite, l’imposition pleine comme revenu s’applique. Le calcul dépend de ce que vous perdez la même année en abattements.
Le deuxième regard se porte sur la France. Si vous avez été domicilié fiscalement en France au moins six des dix dernières années et que votre portefeuille de valeurs mobilières dépasse 800 000 € le jour du départ, l’exit tax de l’article 167 bis calcule l’impôt sur vos plus-values latentes. Le Royaume-Uni figure sur la liste des États qui donnent droit au sursis automatique, mais il faut tout de même déclarer. Et la convention permet à la France d’imposer pendant six années fiscales les gains d’un ancien résident. Le bon ordre est presque toujours : d’abord quitter proprement la France, ensuite utiliser la fenêtre britannique.
Vos comptes britanniques tant que vous êtes encore résident en France
Beaucoup ouvrent un compte à Londres avant le déménagement. Tant que vous êtes domicilié fiscalement en France, chaque compte ouvert, détenu, utilisé ou clos à l’étranger dans l’année se déclare avec votre déclaration de revenus, sur un formulaire 3916 par compte. Les contrats d’assurance vie ou de capitalisation souscrits hors de France aussi. L’oubli est puni d’une amende de 1 500 € par compte et 1 500 € par contrat non déclaré.
Votre assurance vie française, elle, reste un contrat français. Son sort fiscal après votre départ, des deux côtés de la Manche, se regarde contrat par contrat : on l’intègre dans le calcul pendant la consultation.
L’ISA et la pension britannique, votre nouveau port d’attache
À terme, votre épargne a sa place dans les enveloppes que l’État britannique favorise. L’Individual Savings Account, ou ISA, accepte jusqu’à 20 000 £ pendant l’année fiscale 2026-27, sans impôt sur les revenus ni sur les gains. Les offshore funds peuvent y être logés, et vous n’avez alors pas à déclarer leurs revenus, statut de reporting ou non. Vous ne pouvez ouvrir un ISA que si vous êtes résident britannique ; si vous repartez, vous ne pouvez plus y verser. Le budget 2026 maintient aussi le plafond du Cash ISA à 20 000 £ à partir du 6 avril 2027. Le fonctionnement au quotidien est détaillé dans l’article sur l’ISA et les impôts au quotidien.
La seconde enveloppe est la pension britannique. Les cotisations ouvrent droit à un avantage fiscal jusqu’à 100 % de votre revenu annuel d’activité, plafonné par l’annual allowance de 60 000 £. Gardez en tête l’interaction vue plus haut : une demande FIG peut réduire cet avantage la même année.
Questions fréquentes
Ma pension de fonctionnaire français est-elle imposée au Royaume-Uni ?
Non, en principe. Selon l’article 19(2) de la convention, une pension versée par l’État français ou une collectivité au titre de services rendus n’est imposable qu’en France. Exception : vous êtes résident britannique et ressortissant britannique sans avoir la nationalité française. Vous la mentionnez quand même dans votre déclaration britannique, avec un renvoi à la convention.
Et ma retraite complémentaire d’un ancien employeur privé ?
L’article 18 la rend imposable uniquement dans votre État de résidence. Une fois résident britannique, c’est donc le Royaume-Uni qui l’impose, pour son montant total. Pendant vos quatre premières années, le régime FIG peut l’exonérer si la demande en vaut la peine.
Existe-t-il encore l’abattement de 10 % sur les pensions étrangères ?
Pas dans le texte en vigueur. La section 575 d’ITEPA 2003 retient le montant total de la pension comme revenu imposable.
Comment savoir si mon ETF est un reporting fund ?
HMRC publie la liste des reporting funds approuvés. Ce qui compte, c’est la catégorie de parts exacte, pas le nom du fonds. La société de gestion peut vous confirmer le statut.
Dois-je vendre mon portefeuille avant de partir ?
Cela dépend de vos plus-values, de votre historique en France et de vos fonds. Au-delà de 800 000 € de valeurs mobilières, l’exit tax française entre en jeu, avec sursis automatique pour le Royaume-Uni. Une vente après votre arrivée peut être exonérée au Royaume-Uni par le régime FIG, mais la France garde six ans le droit d’imposer vos gains selon la convention. Faites les deux calculs avant d’agir.
Sources: legislation.gov.uk: ITEPA 2003, section 575 (taxable foreign pension income); GOV.UK: Foreign notes 2026 (SA106 notes); GOV.UK: HS265 Offshore funds; GOV.UK: Approved offshore reporting funds; GOV.UK: HS266 Foreign income and gains (FIG) regime (2026); HMRC Manual: RFIG45100 Qualifying foreign income; GOV.UK: Budget 2026; GOV.UK: Individual Savings Accounts; GOV.UK: Tax on your private pension contributions; GOV.UK : convention fiscale franco-britannique de 2008 (texte en vigueur); BOFiP : BOI-INT-CVB-GBR-10-30 (convention franco-britannique, cotisations de retraite); CLEISS : Brexit, questions fréquentes; impots.gouv.fr : notice 2074-ETD-NOT (2026); impots.gouv.fr : notice du formulaire 3916