| Entrée | passeport ; carte d’identité seulement avec un statut EUSS ou un droit équivalent |
| ETA | 20 £, valable 2 ans ou jusqu’à l’expiration du passeport, séjours de 6 mois au plus, obligatoire pour chaque voyageur, enfants compris |
| Vivre et travailler | un visa pour les nouveaux arrivants ; la date limite de l’EU Settlement Scheme était le 30 juin 2021 pour la plupart |
| Santé en visite | carte européenne d’assurance maladie pour les soins médicalement nécessaires |
| Installation de plus de 6 mois | surtaxe santé payée avec la demande de visa |
| State Pension britannique dans l’UE | toujours revalorisée chaque année |
| Roaming | le « roam like at home » de l’UE ne couvre pas automatiquement le Royaume-Uni |
Voyager au Royaume-Uni : passeport et ETA
La carte d’identité qui suffisait pour un week-end à Londres ne suffit plus. Depuis le 1er octobre 2021, la plupart des citoyens de l’UE ont besoin d’un passeport valide pour entrer au Royaume-Uni. Une exception demeure, et GOV.UK la confirme aujourd’hui : la carte nationale d’identité reste acceptée pour ceux qui détiennent un statut au titre de l’EU Settlement Scheme, un EUSS family permit ou un droit équivalent, et les cartes conformes aux normes biométriques de l’OACI le restent sans limite de durée dans ces cas. Pour tous les autres, c’est le passeport.
S’y ajoute l’autorisation de voyage électronique, l’ETA. Les Français en ont besoin, à la place d’un visa, pour les vacances, les visites familiales, les voyages d’affaires et les courtes formations. Elle coûte 20 £, dure deux ans ou jusqu’à l’expiration du passeport et permet un nombre illimité de séjours de six mois au plus. Chaque voyageur a besoin de la sienne, bébés et enfants compris, sauf les enfants qui voyagent avec le formulaire franco-britannique des sorties scolaires. Les binationaux franco-britanniques, eux, entrent avec leur passeport britannique.
Faites la demande via l’application officielle ou sur gov.uk. D’autres sites facturent souvent davantage pour la même démarche.
Vivre et travailler au Royaume-Uni après le Brexit
La libre circulation est terminée pour les nouveaux arrivants. Les Français qui vivaient au Royaume-Uni au plus tard le 31 décembre 2020 ont pu obtenir un statut au titre de l’EU Settlement Scheme ; la date limite était le 30 juin 2021 pour la plupart, et une demande tardive exige des reasonable grounds. Si vous avez un pre-settled status, le Home Office fait passer depuis le 9 avril 2026 davantage de personnes au settled status sans demande de leur part : il vérifie si les données fiscales et sociales couvrent 30 des 60 derniers mois au Royaume-Uni. En sont exclus, entre autres, les moins de 18 ans, les membres de la famille non ressortissants de l’EEE, les membres de la famille arrivés ensuite pour rejoindre un proche et toute personne sans ces données : ils font la demande eux-mêmes, et leur pre-settled status est prolongé de cinq ans. Un second changement, distinct du premier : depuis avril 2026, le Home Office retire le pre-settled status à ceux qui ont manifestement cessé de vivre au Royaume-Uni. Comment garder ce statut, le faire évoluer et ne pas le perdre est expliqué dans EU Settlement Scheme.
Tous les autres ont besoin d’un visa adapté à leur projet : travail, famille, études, création d’entreprise. Nous comparons les voies dans notre rubrique visas et séjour. Pour un séjour de plus de six mois, la surtaxe santé se paie avec la demande de visa et ouvre l’accès au NHS.
Santé : visite et installation, deux mondes
En touriste, vous pouvez toujours utiliser votre carte européenne d’assurance maladie (CEAM) au Royaume-Uni pour les soins médicalement nécessaires. Il faut la présenter pour être soigné gratuitement. Une assurance voyage privée avec rapatriement reste utile.
Si vous vous installez, vous entrez dans le NHS une fois votre visa obtenu, financé par la surtaxe santé. Cas particulier, selon le CLEISS : les retraités qui perçoivent une pension uniquement du régime français et s’installent au Royaume-Uni à partir de 2021 restent assurés par le régime français. L’inscription chez un généraliste et le coût du NHS sont expliqués dans le NHS, le système de santé britannique.
Retraites, sécurité sociale et impôt
La coordination de la sécurité sociale entre l’UE et le Royaume-Uni continue ; l’accord de commerce couvre ceux qui circulent entre les deux après 2021. Selon le CLEISS, les périodes travaillées en France et au Royaume-Uni comptent pour l’ouverture et le calcul des deux retraites, et les pensions déjà versées avant le 31 décembre 2020 continuent de l’être dans l’État de résidence. Si vous avez travaillé au Royaume-Uni et vivez en France, votre State Pension britannique continue d’y être versée avec ses revalorisations annuelles, dans tout l’Espace économique européen, en Suisse et à Gibraltar.
Dans l’autre sens, si vous vous installez au Royaume-Uni avec une retraite française, son imposition dépend de la convention fiscale franco-britannique : les pensions privées liées à un emploi passé sont imposables dans l’État de résidence, les pensions publiques en principe dans l’État qui les verse. Ce n’est pas une question de Brexit, mais le départ la rend urgente. Plus de détails dans prendre sa retraite au Royaume-Uni.
Les petits effets du Brexit au quotidien
Les grands sujets, ce sont les visas et l’impôt. Au quotidien, on bute sur autre chose :
- Roaming : le « roam like at home » de l’UE couvre les voyages dans un autre pays de l’UE. Le Royaume-Uni n’en est plus un, et beaucoup d’opérateurs facturent à nouveau. Vérifiez votre forfait avant de partir.
- Shopping à Londres : le Royaume-Uni a supprimé fin 2020 le remboursement de TVA aux touristes et la détaxe dans les aéroports.
- Commander en ligne au Royaume-Uni : depuis le 1er juillet 2026, l’UE ne dispense plus de droits les envois jusqu’à 150 €, et depuis le 1er novembre 2026 s’ajoutent des frais de traitement de 2 € par catégorie d’article.
- Emmener un chien ou un chat : les animaux ont leurs propres règles d’entrée, expliquées dans s’installer avec ses animaux.
- Conduire : en visite, votre permis français suffit ; si vous vous installez, pensez à l’échange, voir le permis de conduire au Royaume-Uni.
- Étudier : le Royaume-Uni doit réintégrer Erasmus+ pour l’année universitaire 2027/28, comme annoncé en décembre 2025.
Questions sur le Brexit pour les Français
Puis-je aller en Angleterre avec ma carte d’identité ?
En général non. Il vous faut un passeport et une ETA. La carte d’identité n’est acceptée que si vous détenez un statut EUSS, un EUSS family permit ou un droit équivalent.
Combien coûte l’ETA britannique ?
20 £. Elle dure deux ans ou jusqu’à l’expiration du passeport et permet un nombre illimité de séjours de six mois au plus.
Ma carte européenne d’assurance maladie est-elle encore valable au Royaume-Uni ?
Oui, pour les courts séjours, elle couvre les soins médicalement nécessaires.
Un Français peut-il encore s’installer librement au Royaume-Uni ?
Pas sans visa. La libre circulation a pris fin avec la période de transition. Les visas existants et leurs conditions sont détaillés dans notre rubrique visas et séjour.
Sources: GOV.UK: Get an electronic travel authorisation (ETA); GOV.UK: Insecure ID cards phased out as travel document (1 October 2021); GOV.UK: Apply to the EU Settlement Scheme; GOV.UK: NHS entitlements, migrant health guide; GOV.UK: State Pension if you retire abroad; GOV.UK: Revenue and Customs Brief 21 (2020); European Commission: EU-UK Trade and Cooperation Agreement; Your Europe: Roaming; European Parliament: Fact sheet on the United Kingdom; GOV.UK : Visiting the UK as an EU, EEA or Swiss citizen; CLEISS : Brexit, questions fréquentes; GOV.UK : UK-France double taxation convention (2008), in force; GOV.UK : EU Settlement Scheme (EUSS) status automation update (9 avril 2026)